Érotisme de l’attente

26 juin 2010

Elle se pencha légèrement en arrière, cambrant son bassin, détendant une jambe dont les doigts de pied venaient de se crisper. Un frisson la parcourut du talon jusqu’à l’épaule. La fraîcheur de la pièce était en grande partie responsable de ce frémissement, mais la simple anticipation de l’acte ne pouvait être mise à l’écart.

Elle ferma les yeux, entrouvrit ses lèvres, inspira à fond. Les odeurs intenses se dégageant de l’énorme objet de son désir lui arrachèrent un soupir. Volupté. Tiédeur.

Une légère congestion dans ses bras la rappela à la réalité : les mains crispées en arrière depuis plusieurs minutes, elle hésita à changer de position. Elle décida que non : les pieds posés sur le rebord plastique, elle sangla ses abdominaux. Ses fesses pourtant fermes tremblèrent sous l’effort. Ses mains et ses talons tenaient l’équilibre précaire. Même écartelée ainsi, elle préféra garder toute cette chaleur près d’elle et continua dans cette position.

Le besoin monta d’un seul coup. Elle exhala bruyamment, entrouvrit ses lèvres, relâcha un peu la tension dans ses coudes pour s’affaisser de quelques centimètres. La chaleur augmenta, anticipation de douceurs attendues. Une goutte de sueur perla sur son front, à la fois due à l’effort et à la concentration. Le moment fatidique approchait, mais elle se força à ne rien précipiter.

Elle se mordilla la lèvre inférieure, chercha une meilleure position pour reposer ses bras maintenant tremblants. La fatigue la gagna subitement. Il lui serait bientôt impossible de contrôler son plaisir naissant pour le garder à un niveau acceptable.

Alors, elle lâcha tout, très doucement. Ses coudes pivotèrent. Ses fesses galbées et son dos fin touchèrent la surface. Le liquide brûlant lui arracha un frisson, auquel elle ne put que répondre par un doux gémissement de plaisir.

D’un pied non encore immergé, elle ferma le robinet d’eau chaude. Elle respira une nouvelle fois les tendres effluves de ses sels de bain, ferma les yeux. Inspirant une grande bouffée d’oxygène, elle s’immergea de la tête aux pieds, souriant tendrement après l’obtention de son petit bonheur.

Elle attrapa le livre qui l’attendait.

Une bonne soirée se profilait. Une soirée seule dans sa baignoire.

2 comments

  1. Très jolie, comme d’hab.
    Mais j’avoue que j’ai eu un gros doute à partir du 2ème paragraphe, fin de la 1ère ligne, dernier mot pour être précis (pas réaliste) ;)
    Très proche de la réalité de ce qui l’attends, mais trop loin du sujet suggéré =)

    Arfy, 27 juin 2010
  2. suspens grandissant, le doute est bien installé, nous voilà en proie à la spirale de nos projections internes, happé par nos fantasmes multiples et divers,la chute en est d’autant plus inattendue !

    pratt, 24 janvier 2011

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