Left 2 Die

9 octobre 2010

« Et ensuite ? »

« Je suis sorti de chez moi, il y avait un truc bizarre. Il faisait nuit noire, pourtant il y avait plein de gens dehors. Je me suis approché d’un lampadaire. Mais mon pied a buté sur quelque chose. Il y avait des cadavres au sol. Têtes écrasées. Membres arrachés. Gorges tranchées. Vraiment du sale boulot.  Alors j’ai voulu chercher de l’aide auprès des gens qui se tenaient là-bas. Je me suis rendu compte qu’ils étaient tous vieux, du genre grabataire en fin de vie. Il y en avait plein en chaises roulantes, d’autres en béquilles, en déambulateurs. La plupart bavait. Je parlais, mais personne ne me répondait. »

« Je vois. Comment avez-vous réagi ensuite ? »

« Et ben j’ai voulu les secouer, pour qu’ils m’aident. Mais c’est là que j’ai senti l’odeur de décomposition. En les touchant, j’ai senti leur peau froide et molle. Et j’ai compris qu’ils étaient tous morts. »

« Des morts-vivants ? »

« Non, plutôt des vivants morts… C’est dur à expliquer. Normalement, un zombi est vivant mais devrait être mort. Là, tous ces vieux étaient morts, mais auraient dû être vivants. Je lisais ça dans leurs yeux, ils n’avaient plus nulle part où aller, ne pouvaient rien faire d’autre que survivre, ou se laisser mourir dans une maison de retraite. J’ai reculé, terrorisé par ma découverte. »

« Que s’est-il passé ensuite ? »

« Je pense qu’ils ont compris ma crainte, ou qu’ils l’ont senti d’une manière ou d’une autre. C’est là qu’ils m’ont attaqué. Deux chaises roulantes m’ont bloqué les jambes et les vieux tarés qui étaient dedans m’ont agrippé les bras. J’étais coincé. J’entendais les ricanements des autres autour. Un des morts a levé une béquille, et me frappait dans la tête. Plusieurs fois. Ses bras étaient bouffés par l’arthrose, ses gestes étaient très lents ; il ne frappait pas fort. Mais à chaque fois que cette béquille se levait, je croyais devoir crever. Au bout d’un moment, il s’est raté et a frappé dans une des chaises roulantes. Ca a du débloquer un frein ou un truc du genre, mais ça m’a libéré. Les rires ont cessé et je me suis rendu compte que j’étais encerclé. »

« Et c’est donc là que ça a commencé. »

« Oui. J’ai attrapé la béquille de celui qui me frappait et j’ai dégommé sa tête baveuse à l’aide du manche. Là, j’ai envoyé une chaise roulante dans le pack. Ça en a fait chuter quelques-uns. J’ai entendu des râles. « Mon col… Ma prostate… » Et d’autres saloperies insoutenables. J’ai ramassé une deuxième béquille, et je me suis mis à achever les blessés. Pendant ce temps, j’ai entendu d’autres grognements. Je me suis retourné, et j’ai vu une horde de vieux morts. Une foule. Pas moyen de savoir d’où ils étaient sortis. Ils marchaient lentement vers moi en hurlant des « jeune con » et des « respecte-nous ». Celui qui était à leur tête chantait que « c’était mieux avant ». Je n’en pouvais plus, ils étaient trop. Alors j’ai fui. »

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Catégories : Nouvelles  Petits Riens

3 comments

  1. Y’a plus qu’à envoyer ça à Simon Pegg pour « Shaun of the Dead 2 : terreur à la maison de retraite » :)

    Julien, 9 octobre 2010
  2. Et pourquoi pas à Danny Boyle pour un 28 poches plus tard ? :)

    .D

    DAX, 9 octobre 2010
  3. Même si ce texte ferait un excellent scénario de Nanar à la française, je pense plutôt garder ce texte pour nous, égoïstement. La Warner n’aura pas nos Musclés !

    En tous cas, merci pour vos commentaires, drôles de surcroît. :)

    Pierre

    Pierre Carmody, 12 octobre 2010

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