Choix politiques

7 août 2010

« Ah, Amiral Guillaud, je vous cherchais, c’est un vrai dédale, ici. »

« C’est un peu fait pour, monsieur le Président. Mais vous auriez dû vous faire annoncer, je sais comme votre temps est précieux… »

« Pas assez pour ne pas descendre voir la chose. »

« J’ai entendu dire que les sondages remontent en votre faveur depuis sa dernière décision. »

« Tout à fait, mais descendons, voulez-vous ? »

« Oui, monsieur le Président. Je me demandais, tout de même, ce qu’il se passerait si cette information parvenait aux oreilles de quelques citoyens et si… »

« Mais ils hurleraient au génie, mon petit Guillaud ! Un français, ça hurle toujours un peu, mais si on lui vend bien la camelote, il se rend compte que c’est finalement pas si mal et rentre chez lui. Et puis ça passe. Ça s’est toujours passé comme ça. »

« Oui, mais tout de même… »

« Je ne vous paie pas pour penser, Amiral. Vous êtes l’exécuteur, le bras armé. Donc, restez à votre place. Ah, le voilà. Impressionnant. Il va bien ?  »

« Oui, monsieur le Président. Il n’a subi aucune réaction par rapport au liquide amniotique et… »

« Le quoi ? »

« Le… Ce qu’il y a dans le bocal, monsieur le Président. Ce dans quoi il flotte. »

« Ah d’accord. Non mais j’avais compris, mon petit Guillaud, je vous faisais marcher. »

« Oui oui, alors il digère sa nourriture, dort normalement, et réagit quand les gens entrent dans la pièce. »

« Ne me parlez pas comme à un enfant, je ne suis pas un con. Vous pouvez recommencer à utiliser vos mots de scientifique. »

« Mais je ne suis pas… »

« Oui bon. Et il réagit comment quand on entre ? »

« Il plisse les yeux. »

« Ah. Et c’est bien ? Je veux dire, à part le fait qu’il bouge la main ? »

« Le bras, monsieur le Président. C’est comme ça qu’il arrive à activer le joystick de son fauteuil et à naviguer dans l’aquarium. Mais tout de même, vous ne pensez pas que votre théorie pourrait s’effondrer si… »

« Guillaud ! Vous l’avez vu comme moi la dernière fois : une pancarte « pomper les idées du PS » et une autre « redonner un tour de vis sécuritaire ». On avait placé le panneau « présidentielles 2012 » en grand au-dessus, il a pas pu le louper. Et vous l’avez vu, hein, il a flotté vers le sécuritaire. Et quoi, Guillaud ? Allez, dites-le, bon Dieu ! »

« Vous êtes remonté dans les sondages… Mais quand même, monsieur le… »

« Ils l’ont fait avec Paul le poulpe pendant la Coupe du Monde, je peux le faire avec lui ! »

« Oui, mais justement, monsieur le Président ? Avec lui ? »

« C’est un grand homme, il a sauvé des millions de français à l’époque ! Il fait quoi, là ? »

« Il… lève un bras, monsieur le Président. »

« Il nous salue ? Il nous reconnaît ? »

« Je… Je crois que c’est un salut nazi, monsieur le Président. »

« Voyons, Guillaud, je les reconnais toujours. Ah si, peut-être. Enfin, je sais plus, avec toute cette flotte ! »

« Du liquide amnio… »

« Guillaud ! »

« Hum, d’accord. Mais s’il se plante, un jour ? Vous ferez quoi, monsieur le Président ? »

« Je dirais qu’on ne l’a jamais décryogénisé, que tout ça ne s’est jamais passé, et puis je démolirai son image. »

« Comment voulez-vous encore plus le démolir ? Vous croyez qu’il n’est pas déjà assez mal en point comme ça ? »

« On le remettra au frigo, et on en parlera plus jamais. Et vous savez pourquoi, Guillaud ? Parce que je ferai courir le bruit que ce bon vieux Maréchal Pétain était un communiste de la première heure. »

one comment

  1. Selon Futurama, on a presqu’un millénaire devant nous jusqu’à ce que la tête de Nixon redevienne président des États-Unis : d’ici là, ce bon vieux maréchal PT1 a encore de beaux jours devant lui :)

    julien, 9 août 2010

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