Outillage

29 septembre 2012

— On reprend. Tu veux un autre café ?
— Non, si j’en prends plus, je deviens nerveux.
— Et on a compris que ça craint, hein ? Ça t’a déjà mis assez dans la panade, non ?
— Je sais pas, qu’est-ce que je risque ?
— Quelques mois fermes, en fonction de la défense. D’ailleurs, le motif : pourquoi tu l’as frappé ?
— Il est passé devant moi dans la file à la préfecture.
— Et ?
— …
— C’est tout ? Pour une file d’attente, tu as envoyé un fonctionnaire de police à l’hosto ?
— Il a manqué de respect à tout le monde. Il y avait une vieille arménienne devant moi, qui a fondu en larmes parce qu’elle n’osait rien dire. Trois personnes qu’il a pris pour des moins que rien.
— Écoute, en théorie, je trouve ça bien, de réagir. Mais là… Il a cinq côtes cassées, une épaule déboîtée, et on parle même pas des bleus. Tu trouves pas que tu as abusé ? En plus, c’est pas ta première condamnation.
— Je suis un type gentil, faut pas me chercher, c’est tout.
— Mouais, ils disent tous ça. En dix ans, quatre fois du sursis pour coups et blessures, même en cas de légitime défense, ça ne tiendra pas devant un juge. Cette fois-ci, tu plonges.
— …
— Tu pourrais au moins nous dire pourquoi tu réagis comme ça ?
— C’est un problème d’outil.
— Quoi ?! T’es hors-sujet, là…
— Pas tellement. Vous voyez, quand j’étais plus jeune, au quartier, ça castagnait dur. On devait se défendre, par habitude. Et maintenant, les outils sont là : les réactions, les réflexes, les techniques. Ça part tout seul, des fois. Et quand on n’est équipé que d’un marteau, on a tendance à traiter tous les problèmes comme des clous…

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Malgré-Tout salué par les spécialisés

25 septembre 2012

L’historien Nicolas Mengus travaille, entre autres, pour l’Ami Hebdo, et est le webmaster du site www.malgre-nous.eu sur l’incorporation de force.

Je vous invite à y jeter un long regard si vous vous intéressez au sujet. Nicolas Mengus a écrit plusieurs livres sur le sujet, notamment « Entre Deux Fronts », tomes 1 et 2 avec André Hugel, et « Malgré-Nous ! »

Après lecture de ma nouvelle Malgré-Tout, il a décidé de la placer sur le site www.malgre-nous.eu, dans la rubrique Mémoire, en félicitant votre serviteur.

Je tiens à dire qu’être reconnu par des historiens sur des travaux littéraires est très important pour moi et que cela m’encourage à poursuivre dans cette voie. Voilà, c’était mon petit bonheur du jour.

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Black Sabbat (radio edit)

1 septembre 2012

Bonsoir, ici Jean Dupin en reportage spécial pour Radio Tour Eiffel. Le reportage que vous allez suivre a été enregistré le 10 novembre 1926, au carrefour de l’Elboeuf et du Pont de l’Arche, tout près de Louviers, en Haute-Normandie. Chers auditeurs, éloignez les enfants de votre poste, car nous allons pénétrer dans la terrifiante intimité d’une cérémonie Sabbatique.

Qu’est-ce que le Sabbat ? C’est, pour faire simple, l’assemblée des démons, des sorciers et des sorcières, dans leurs orgies nocturnes. C’est ce que me dit Octavie, qui sera mon guide pour cette émission. Octavie paraît la soixantaine, mais elle m’annonce être née en 1722. Elle me parle de la Révolution Française, de détails qui me font penser qu’elle a réellement vécu à Paris, à une époque qui m’est totalement étrangère. Elle me dit que son ascension est proche, et qu’elle peut donc se permettre de raconter quelques morceaux de sa vie. Elle me prévient de ne surtout intervenir dans rien de ce que je verrai ce soir, car sinon, la mort serait une issue que j’envierai infiniment, par rapport à ce qui m’arrivera.

Nous sommes mercredi soir, une nuit ordinaire pour la convocation du Sabbat, tout comme la nuit du vendredi au samedi. Nous avançons vers le carrefour. Je ne vois pas d’étoiles, mais des lumières orangées qui virevoltent autour des arbres. Les lueurs me laissent entrevoir une terre sablonneuse sur quelques dizaines de mètres. Étonnant, car nous sommes en pleine forêt. Octavie me précise que le Sabbat se fait généralement sur un carrefour, ou dans quelque lieu désert et sauvage, auprès d’un lac, d’un étang, d’un marais, parce qu’on y produit la grêle et qu’on y fabrique des orages. Le lieu qui sert à ce rassemblement subit une telle malédiction, qu’il n’y peut plus rien croître. On s’occupe au Sabbat, dit-elle, à faire ou à méditer le mal, à donner des craintes et des frayeurs, à préparer les maléfices, et à accomplir des mystères abominables.

La suite…

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