Ego-trip(e)s

30 avril 2011

Les mots viennent du fond des âges. Je n’en suis pas le dépositaire, mais l’humble véhicule.

Tous ces mots proviennent des innombrables décombres de larmes humaines, du tréfonds des âmes jonchant les chemins de l’Histoire. Je foule toutes ces terres d’où coulent les rêves, pères de tant d’œuvres verbales, orales et scripturales. J’en goûte tout le miel, supporte son acidité, grimace devant tant d’intimité, et traverse ce dédale. Quelles sont les lois de ce monde imaginé ? Peuvent-elles seulement être fixées ?
Les heures s’effacent devant ma feuille encore immaculée, et soudain, surpris, je vois les mots qui s’étalent devant moi.
La prose est là. Magique, miraculeuse, elle n’en reste pas moins hasardeuse.
Tous ceux qui me reprochent de trouver sans chercher ignorent combien je cherche sans trouver.

Colossal, l’ensemble de ce qui m’inspire est un pacte. Tout l’héritage qui me dirige fait de moi un soldat, un apôtre supplicié, un héritier de lois forgées par mes pairs, du code moral de l’écriture je deviens un humble dépositaire. J’offre aux masses hermétiques à mes propos ma vérité scripturale, afin que ces pages portent très loin au large l’aura de ces phrases. Pour qu’elle ne soit jamais l’otage d’un seul propos, pour qu’elle devienne autre chose qu’une voix en cage.

La suite…

Catégories : Petits Riens